Dix propositions de look and feel, pas dix applications. Les fonctions sont les mêmes partout — programme, exposants, plan, ma visite — et ce qui s'affiche à l'écran, ce sont les vraies données du classeur du festival : les neuf villages, les salles, les deux étages, les sept rendez-vous de la matinée, les écoles confirmées. Ce qui change d'une direction à l'autre, c'est la couleur, la typographie, la façon de hiérarchiser, et le premier écran.
Il est 9 h 48 sur les trente écrans : le festival vient d'ouvrir et la première conférence commence dans douze minutes. C'est le même instant partout, pour que les directions se comparent sur autre chose que leur contenu.
Le vocabulaire varie volontairement : « Ma visite », « Mon carnet », « Ma route », « Sélection » désignent la même chose. Proposer un mot fait partie de la proposition. Le glossaire du projet, lui, dit « Ma visite ».
Bandeaux pleine largeur, numéros de village en pastille carrée, numéro de salle traité comme une plaque de porte. Typographie étroite des panneaux de gare. Se lit à bout de bras dans un couloir.
La variante sombre de la même intention : carrés nets, contraste maximal, et un jaune qui ne décore jamais — il marque ce sur quoi il faut appuyer.
Mêmes aplats, même grain d'impression, mêmes quatre verbes — s'informer, échanger, explorer, construire — qui deviennent les quatre entrées de l'appli. Celle qui se reconnaît le mieux en photo.
Une « une », des filets qui séparent au lieu de cadres qui enferment, le numéro de salle traité comme un folio de page. La plus sobre des dix, et celle qui vieillira le mieux.
Réglure Seyès pâle, filet de marge rouge, intercalaires de classeur, cases à cocher et annotations manuscrites. Ce que le visiteur coche lui appartient — et repart avec lui.
Papier ivoire, formes souples, chemin en pointillés : le lycée devient un petit territoire. La plus calme des dix, et la seule qui dessine le plan en zones plutôt qu'en liste de salles.
L'écran d'ouverture est un cadran : la matinée entière tient dans un demi-cercle qui se remplit. L'appli répond d'abord à « qu'est-ce que je fais maintenant », et prévient quand un exposant s'en va.
Commence par « qu'est-ce qui t'intéresse ? ». Deux domaines cochés ramènent 109 exposants à une vingtaine, et le plan n'allume que les villages concernés.
Violet profond, halos, verre dépoli, et un accueil qui change selon les centres d'intérêt cochés — sans compte ni prénom, tout reste sur le téléphone.
Contours épais, ombres portées franches, autocollants. On n'entre pas par un menu mais par une mission, et le plan se lit comme une carte de jeu. Le pari le plus risqué des dix.